Robert Schumann, éclats et miroitements

Le merveilleux et malheureux Schumann tient une place à part dans l’histoire de la musique. Ce représentant du plus extrême romantisme a conduit l’écriture musicale du culte classique de la grande forme vers son éclatement contemporain, vers son renouvellement perpétuel.  Rêveur d’instants musicaux, de petites formes, fragile, papillonnant… Portrait d’un compositeur qui sut, dans ses éclats et miroitements, mais non sans douleur, être un “anti-Beethoven”…

Rappelons quelques dates. Robert Schumann naît à Zwickau en Saxe, le 8 juin 1810. Dès 15 ans, il s’attelle à des écrits littéraires, inaugurant par là une passion pour l’écriture qui ne se démentira pas.
Un an après avoir composé son opus 1 – les Papillons –, il devient, en 1831,  l’élève du pianiste Friedrich Wieck.
Dès 1832, à 22 ans, il est victime d’une paralysie de la main droite qui compromet définitivement sa carrière de pianiste. L’année suivante, une dépression nerveuse le frappe, ce qui ne l’empêche pas de fonder le groupe avant-gardiste des Compagnons de David.
Malgré des fiançailles en 1835 avec Ernestine von Fricken, il tombe amoureux de la jeune pianiste virtuose Clara Wieck.
Il compose, jusqu’en 1837, un grand nombre de ses œuvres pour piano : Carnaval op.9, Sonate n°1 op. 11, Fantaisie op. 17, Davidsbündlertänze op. 6, Phantasiestücke op.12, Scènes d’enfants op. 15, les Kreisleriana op. 16, les Novellettes op.21, la Sonate n°2, op. 22.
En 1837, il fait sa première demande en mariage et essuie le refus du père, refus suivi, en 1838, d’un procès avec Wieck pour obtenir l’autorisation d’épouser Clara. Enfin, le 12 septembre 1840, le mariage a lieu. La même année, il commence à composer ses célèbres Lieder, puis se voue principalement à la musique de chambre et à la musique symphonique ou concertante. Son œuvre pour piano seul se taira, jusqu’aux  Scènes de la forêt  de 1848…
Après une dizaine d’années d’intense production – marquées par de nombreux problèmes professionnels avec la Société de musique de Düsseldorf (1852) mais aussi par la rencontre avec le jeune Johannes Brahms (1853) –, il est pris d’un accès de folie. Le 27 février 1854, il se jette dans le Rhin. Il sera dès lors interné à sa demande (il s’estimait dangereux pour ses proches) et s’éteindra, deux années plus tard, le 28 juillet 1856, à l’asile d’Endenich, près de Bonn.
Sa dernière œuvre, composée l’année de son internement, est pour piano : il s’agit des Variations en mi bémol majeur, une pièce sans numéro d’opus éditée seulement en 1939 (voir Piano 11).

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