Les maîtres du piano roumain : Radu Lupu, le lyrisme intérieur

L’un des plus grands pianistes vivants. Austère et passionné, refusant toute concession, Radu Lupu se montre digne de ses grands aînés.

Le plus étrange, dans la carrière d’un pianiste, est le rôle que tient sa nationalité, son pays d’origine. Etre russe, roumain, espagnol, français ou américain, au départ, cela compte, puisque vos premiers contacts avec la musique en dépendent, tout comme les premiers professeurs qui vous initieront. Puis, tout semble se fondre dans une couleur internationale : mêmes concours, mêmes répertoires, et hélas, aujourd’hui, quasiment même son et même type de rapport avec le clavier. Et puis, en une troisième phase, pour ceux qui ont une individualité vraie, on retrouve, au bout du parcours, quand la carrière vogue librement, la spécificité des origines. Ce schéma est valable pour tous, ou presque. Car, précisément, Radu Lupu semble avoir pris un plaisir pervers, bien que sûrement inconscient, à échapper aux catégories établies, à entrer dans la vie musicale par les voies habituelles sans pourtant jamais s’y soumettre ni rien abandonner de son individualité.

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