Clara Schumann, dans l’ombre de Robert

Parmi les femmes auxquelles sont associés les noms de certains “grands hommes” – mère, épouse, sœur, inspiratrice –, Clara Wieck (1819-1896), qui deviendra Mme Schumann, tient une place absolument originale. Pianiste et compositrice, elle fut en son temps plus célèbre que son illustre mari, au point que certains musicologues l’accusent de lui avoir porté ombrage… Bien sûr, après cela le temps fit son travail de masculinisation de la culture. Clara fut oubliée. Mais aujourd’hui, sa personnalité et ses œuvres ressurgissent avec force et ce sont maintenant leurs deux ombres associées qui planent tout au long du 19e siècle.

Que dire de Clara Wieck, devenue Clara Schumann après son mariage avec Robert Schumann, si ce n’est qu’elle reste l’une des personnalités les plus attachantes du 19e siècle, une nature remarquable à la destinée musicale achevée ? Non contente d’être une excellente interprète et l’inspiratrice de deux très grands musiciens – son époux, qu’elle seconda avec un dévouement légendaire, et Johannes Brahms, son ami et confident (encore qu’on ne connaisse pas la réalité exacte de leurs véritables sentiments) –, elle s’est affirmée comme une compositrice dont le talent dépasse à l’évidence la simple facilité.
Mais Clara ne fut pas que l’amie ou l’amante, car elle entretint avec passion le culte de son mari après la mort tragique de celui-ci.

Pour lire la suite de cet article (2290 mots):

Lire aussi :
Robert Schumann, le poète parle
Robert Schumann : l’errance comme point de départ
Quand Paris n’aimait pas Schumann
L’œuvre pour piano de Schumann
Les pianistes schumanniens de légende
Interpréter Schumann aujourd’hui
Interpréter le Carnaval de Schumann
Robert Schumann, éclats et miroitements