Jacqueline Robin, la musique déchiffrée

Professeur de déchiffrage au Conservatoire de Paris de 1966 à 1986, Jacqueline Robin a marqué pendant vingt ans ses élèves par la rigueur, la générosité et l’ouverture d’esprit qui singularisaient son enseignement. Soliste, duettiste, accompagnatrice, elle occupe une place éminente dans le piano français.

En 1939, Jacqueline Robin sort du Conservatoire de Paris, alors dirigé par Henri Rabaud, avec, en poche, cinq premiers prix (piano, accompagnement, harmonie, contrepoint, fugue). Difficultés inhérentes à tout début de carrière, contexte historique troublé : l’avenir lui semble alors incertain. Pourtant, les lignes directrices de son activité future sont déjà tracées.

La musique partagée

Encore élève au Conservatoire, Jacqueline Robin avait eu l’occasion d’accompagner Irène Joachim dans des mélodies de Gabriel Fauré. « C’est ta voie ! » s’était exclamée, enthousiaste, la soprano à l’issue d’un concert où la jeune pianiste avait su dépasser son rôle d’accompagnatrice pour établir un authentique partage musical avec la chanteuse. Au lendemain de la guerre, Jacqueline Robin se fera entendre aux côtés des plus grandes voix et s’imposera comme un Gerald Moore ou un Erik Werba français auprès de Michel Sénéchal, Ernst Haefliger, Gérard Souzay et Elisabeth Schwartzkopf.

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