Musiques à découvrir : répertoire à quatre mains

A apprendre ou à retrouver, les délices du répertoire à quatre mains.

La pratique du piano à quatre mains a longtemps évoqué une atmosphère désuète de salon où, à l’heure du café et des cigares, des jeunes filles de bonne famille se mettaient de bonne grâce au piano pour interpréter — avec beaucoup de pédale, sans doute — tel mouvement de symphonies de Beethoven ou tel quadrille en vogue. Ce côté amateur, convivial, presque familial du jeu à quatre mains pouvait trouver sa justification à une époque où nul média n’existait pour relayer le concert, mais il serait profondément injuste de le limiter à cela.
Il existe en fait, depuis Mozart et Jean Chrétien Bach, jusqu’à Debussy, Poulenc, Hindemith, voire Leibowitz, une impressionnante série de chefs-d’œuvre pour cette formation. Nous verrons que, de manière très logique, l’évolution de cette pratique sera parallèle à l’histoire de l’instrument, et que c’est au 19e siècle qu’apparaîtra une floraison d’œuvres splendides et méconnues, hormis quelques œuvres de Schubert ou de Brahms. Le geste de l’écriture à quatre mains n’est-il pas en effet romantique dans sa volonté de démultiplier les possibilités pianistiques, d’accroître la dynamique et la densité, d’opposer en même temps ou très rapidement des hauteurs extrêmes, de combiner des agrégats plus riches et plus puissants, somme toute de donner au piano une dimension quasi orchestrale ?

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