Nikolaï Lugansky , une année lisztienne à contre-courant

Cette année, le grand pianiste russe, que l’on attend toujours dans Rachmaninov ou Prokofiev, s’est surtout attaché à Liszt, un an après la célébration du centenaire de la naissance du compositeur. Une belle occasion de s’imposer après la bataille, pour un pianiste qui s’est longtemps cru “non lisztien”.

Le 22 octobre dernier, le jour même du bicentenaire de Liszt, paraissait votre premier disque consacré à ce compositeur, alors même que vos confrères s’apprêtaient à clore cette année commémorative. Depuis, vous le jouez beaucoup… Vous l’aviez pourtant à peine abordé jusque-là, ce qui surprend chez un virtuose de votre rang.
La relation que j’entretiens avec un compositeur est une histoire d’amour – ou pas… S’agissant de Rachmaninov, par exemple, je peux même parler de coup de foudre. Mon amour pour Chopin a été inconditionnel d’emblée. J’ai aussi aimé Prokofiev dès la première note. Ce ne fut pas le cas avec Liszt. Pourquoi ? J’ai longtemps jugé sa musique bizarre. Je l’ai d’ailleurs peu travaillée, dans le passé. En général, les lisztiens s’y consacrent sérieusement dès 14 ans. Pas moi… Le Sonnet de Pétrarque (123) est le seul morceau de mon bagage pianistique actuel que j’aie étudié à l’adolescence. Je n’ai jamais rejoué la Méphisto-valse, que j’avais présentée au Concours Tchaïkovski. J’ai exploré beaucoup d’autres domaines en grandissant, mais plus rien de sa main.

Pour lire la suite de cet article (3703 mots):

Lire aussi :
Nikolaï Lugansky, la grande tradition russe