Travailler l’Impromptu en la bémol de Schubert

Les quatre Impromptus de Schubert comptent parmi les pièces du répertoire romantique les plus jouées au monde. Ils semblent employer un langage simple et familier. Pourtant, à y regarder de plus près, on mesure toute la complexité de l’écriture schubertienne. Afin de vous aider à pénétrer cet univers si particulier, nous vous proposons l’étude de l’Impromptu en la bémol majeur n° 4 D 899.

Les quatre Impromptus op. 90 D 899 de Schubert sont connus de tous les pianistes. Qui ne s’est enivré du deuxième Impromptu en mi bémol majeur, dont les gammes conjointes “tombent” si aisément sous les doigts ? Qui n’a mis les mains sur le troisième Impromptu en sol bémol majeur, avec son noble et beau chant accompagné d’arpèges, sa chaude armure composée de six bémols suggérant à elle seule un rêve de bonheur ? Quel jeune apprenti pianiste, enfin, ne s’est peu ou prou évertué, à la manière d’un bon écolier cramponné à son porte-plume, à résoudre le problème de ces “difficiles” arpèges et des modulations hardies du dernier Impromptu en la bémol majeur, celui qui nous occupe aujourd’hui ?
Bien peu font l’économie de l’étude de ces œuvres. Elles sont à ce point célèbres que leur évocation peut sembler à première vue dénuée de toute originalité. Pourtant, lorsqu’un heureux hasard vient à nous mettre en présence d’une grande interprétation, à la fois respectueuse du texte tout en étant suffisamment inspirée, l’œuvre semble renaître, tout se passe comme si rien n’avait existé auparavant. Tout est frais, presque surprenant. Le message du compositeur nous atteint avec une absolue nouveauté, comme s’il s’agissait d’une première écoute.

Pour lire la suite de cet article (21 mots):

Lire aussi :
Schubert, le jeune homme et la mort
Philippe Cassard : « Schubert, mon ami »
Le piano dans les lieder de Schubert
Schubert et Beethoven
Schubert et ses transcripteurs
Schubert et la France
Les interprètes historiques de Schubert
Schubertiens d’aujourd’hui
Jeunes schubertiens
Quelques œuvres méconnues de Schubert