Schubert et la France

C’est l’histoire d’un malentendu. Celui d’un pays qui a cultivé pendant longtemps les clichés sur un compositeur trop complexe pour recevoir des étiquettes, mais à qui on accole, à tout hasard, celle de “pauvre Schubert”… Quelques fervents défenseurs auront heureusement raison de cette méprise et parviendront – mais à la fin du 19e siècle ! – à imposer son génie.

Au lendemain de sa disparition, en 1828, Schubert ne semble être connu que des seuls Viennois. En 1829, dans la « revue succincte de la musique en 1828 », publiée dans la Revue musicale, Fétis, après avoir annoncé « la chute prochaine de la musique allemande » au 19e siècle, ne mentionne pas sa mort. « Il y a quelques années, on ne savait presque rien en France sur la vie de Schubert », renchérit en 1871 le Journal des sçavans. Bien que fêté dans la plupart des pays d’Europe, le centenaire de sa naissance en 1897 passe inaperçu en France, et Paul Dukas souligne cette triste situation : « Ses symphonies sont rarement exécutées, sa musique de chambre presque jamais, sa musique de piano pas du tout. Quant à son œuvre capitale, ses ­lieder, qui demeurent son plus beau titre de gloire à l’admiration des artistes, on en connaît 40 sur 432 ! »

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