Cécile Chaminade, ou le triomphe des dons

Le nom de Cécile Chaminade (1857-1944) évoque un temps de robes longues et de chapeaux haut de forme. Malgré l’élégance du langage et les manières affables, les femmes n’étaient pas considérées comme des artistes à part entière. Une injustice à réparer.

Chaminade, Cécile Louise-Stéphanie, est née à Paris le 8 août 1857. Elle s’éteignit à Monte-Carlo le 13 avril 1944. Elle connut donc le Second Empire, sous lequel s’épanouirent ses dons précoces, puis la Troisième République.
Son père refusant de la laisser entrer au Conservatoire, c’est en privé qu’elle fut l’élève de Le Couppey, de Marmontel et de Benjamin Godard. Elle put bientôt donner des concerts dans les salons où la reconnurent Saint-Saëns et Chabrier, qui l’encouragèrent. L’on dit même que Bizet, qui habitait au Vésinet, non loin de chez les Chaminade, l’appelait son « petit Mozart ».
De fait, la jeune Cécile se révéla bientôt une compositrice prolixe. Elle écrivit tout d’abord un Trio (op. 11) puis une Suite d’orchestre qui eurent un certain succès. Vinrent ensuite un opéra-comique qu’elle accompagnait elle-même au piano, La Sévillane (1882), et des œuvres symphoniques dont trois furent créées en 1888 : un ballet, Callirhoé op. 37 (donné par la suite au Metropolitan Opera de New York), un Concertstück pour piano, aux accents de Wagner et de Liszt, et enfin une symphonie dramatique : Les Amazones op 26.

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