Technique pianistique et représentation intérieure de la musique

Mozart a dit : « Il faut que la musique vive dans l’esprit avant que l’archet n’effleure la corde ou que le doigt ne se pose sur la touche. » Et Schumann : « L’idéal serait d’avoir toute la partition devant ses yeux. » Oui, voilà l’idéal du musicien. Mais comment y parvenir ?

Pour devenir un bon pianiste, il ne suffit pas de posséder de bons muscles dans les doigts, ni d’avoir un cerveau de mathématicien, ou un “tempérament d’artiste”. Pas plus qu’une sensibilité exacerbée ou encore des nerfs d’acier ne font un virtuose. Une intuition naturelle de la technique, si beaucoup de grands pianistes en sont dotés, ne suffit pas non plus. Il faut, à n’en pas douter, un peu (et même beaucoup !) de toutes ces qualités à la fois.
Mais tout cela serait sans compter la qualité essentielle : être d’abord et avant tout “musicien” au sens accompli du mot. Or, être musicien, c’est savoir sentir et avoir la musique en soi.
C’est dire que toutes les méthodes qui se présentent comme une panacée et dont Baudelaire se moquait en raillant ceux qu’il appelait des professeurs de piano-orthopédistes-jurés… ne sauraient se révéler plus utiles pour le jeune homme briguant la carrière que ne le sont, pour qui voudrait maigrir, les régimes à base d’ananas ou de feuilles de pissenlit.

Pour lire la suite de cet article (2462 mots):