Jacques Lenot, le piano roi

Né en 1945, Jacques Lenot a élu le piano comme confident et instrument roi. Gaucher obligé – un accident lui a fait perdre l’usage du quatrième doigt –, s’il ne joue plus de piano, il ne cesse de composer pour cet instrument : Préludes, Etudes, Caprices… et cahiers pédagogiques. Jacques Lenot a obtenu le prix Sacem 2006.

Quelle a été votre première approche du piano ?
Il y avait un vieux piano droit à la maison. Ma mère avait pris quelques leçons avant de se marier. Dès que j’ai pu, tout petit, j’ai mis mes doigts sur le clavier, accompagné par mon chat Lip. Ma mère m’a appris les notes avant les lettres de l’alphabet. Après l’école, c’est accompagné de mon frère aîné que je traversais la ville natale pour prendre des cours de solfège. Après l’installation d’un orgue électrique dans notre église, je m’en suis avidement emparé, dès que celle qui essayait d’en jouer tournait le dos. Ce qui sortait de ce bizarre instrument était tellement épouvantable, grêle, nasillard, sans différences entre les jeux, que je décidai de retourner au piano et acceptai de prendre mes premières leçons chez cette femme. Cela ne fut pas sans mal ni de tout repos : je ne voulais étudier que ce qui ne m’était pas destiné, refusais toutes gammes et exercices et ne rêvais que du grand piano à queue sommeillant sous une forêt de photos d’artistes encadrées. Mes connaissances en solfège me permirent néanmoins de commencer à déchiffrer et, grâce au piano neuf que mes parents louèrent, je pus passer des journées entières, dès 8 ans, à tenter… n’importe quoi !

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