Main gauche : Michel Béroff, souffrance et guérison

Tout va bien jusqu’au jour où la main droite ne répond plus. Michel Béroff revient sur ce mauvais souvenir.

Le point de départ
Au départ, il y avait un terrain “favorable” dans mon cas, identifié depuis longtemps : une légère faiblesse du pouce et de l’index de la main droite. Inconsciemment, je me débrouillais, mais au fil du temps, mon poignet s’est crispé, ma main est partie du côté cubital, ma voûte s’est affaissée. Jouer est devenu de plus en plus douloureux. Au début, j’ai essayé de compenser. Puis j’ai consulté d’éminents spécialistes aux Etats-Unis, au Japon et en France. Leurs diagnostics se sont rejoints : je souffrais de ce qu’on appelait alors “la crampe de l’écrivain”, en fait une dystonie. Certains préconisaient une petite opération, d’autres des médicaments. Je me suis même entendu dire que j’avais été envoûté ! Il était courant alors de dire que les causes étaient essentiellement psychologiques. Devant des avis si “folkloriques”, j’ai continué à jouer, ce qui a évidemment aggravé les symptômes. Pendant quatre ans environ, j’ai “triché” en modifiant mon répertoire, en jouant plus souvent à deux pianos. Puis j’ai commencé à annuler quelques concerts… Finalement, je me suis rendu à l’évidence : je ne pouvais plus jouer.

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