Questions à de jeunes ravéliens

Delphine Bardin, Jean-Frédéric Neuburger, Lise de la Salle, Vahan Mardirossian et Cédric Tiberghien parlent de leur attachement à la musique de Ravel et de leur conception de cette musique, considérée souvent comme si typiquement française.

Etes-vous à l’aise en jouant Ravel ?

J.-F. Neuburger : Je suis à l’aise avec Ravel, sans doute parce qu’il composait en partie au piano, comme ses modèles Saint-Saëns ou Liszt. La réalisation pia­nis­tique ne pose finalement pas de problème majeur à un jeune pianiste. En revanche, le déchiffrage se travaille vraiment et contribue à l’acquisition d’une certaine forme de technique.
C. Tiberghien : D’un point de vue digital, l’écriture est souvent compliquée. Ravel utilise la partie aiguë du clavier, la rapidité digitale dans un but de fluidité et de transparence, de lumière. Il n’y a pas toujours de corrélation entre son écriture et l’impression qu’il veut donner. Je trouve également que c’est parfois compliqué pour les doigts. On a le sentiment que Ravel a davantage pensé à l’orchestre qu’à l’instrument, contrairement à Chopin ou Rachmaninov qui étaient d’excellents pianistes.

Pour lire la suite de cet article (2981 mots):

Lire aussi :
Ravel et son temps
Maurice Ravel : les années de conservatoire
Ravel-Debussy, duo ou duel ?
Ravel et ses contemporains
Ravel et l’interprétation de ses œuvres
Ravéliens de légende
Les intégrales Ravel
Les ravéliens d’aujourd’hui
Ravel : les bâtisseurs d’intégrales
Ravel : quelques conseils pour travailler “Jeux d’eau”
Ravel à plusieurs mains : “Ma mère l’oye”
Frontispice cinq mains pour un piano !
Conseils pour interpréter Ravel