Les intégrales Ravel

Soit une trentaine d’intégrales de l’œuvre­ pour piano de Ravel, réalisées pour l’essentiel par des artistes français entre les années 50 et aujourd’hui. Jacques Bonnaure nous donne son avis sur chacune d’entre elles.

Les premières intégrales furent le fait de pianistes français spécialistes de la question. Dès le début des années 50, Robert Casadesus grava pour Columbia USA une intégrale sèche, nerveuse, précise, qui met en exergue l’aspect “horloger suisse” de Ravel (rééd. Sony, avec le Concerto pour la main ­gauche, dir. Eugene Ormandy). Marcelle Meyer, qui a beaucoup enregistré pour Les Discophiles français, se montre au contraire très sensible aux subtilités harmoniques du compositeur. On regrettera une prise de son très métallique (EMI, supp.). On pourrait en dire autant de Walter Gieseking (EMI), plus à l’aise chez Debussy. Peu de temps plus tard, Vlado Perlemuter atteignait la perfection avec une nouvelle intégrale (aujourd’hui chez Vanguard). Disciple du compositeur avec qui il avait travaillé toutes ces œuvres, il signe là, en dépit de la relative pauvreté du son, la version de référence. Plus tard, il réalisera une seconde intégrale, pas meilleure et desservie par une prise de son trop réverbérée (Nimbus). On a récemment réédité l’intégrale de Jean Doyen (Accord), réalisée à l’origine pour le Club français du disque, très bien diffusée et complétée par les concertos dirigés par Jean Fournet. C’est un bel exemple d’“école française”, d’une technique et d’un style impeccable, un peu en retrait cependant dans Gaspard de la nuit.

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