Joseph-Guy Ropartz : dans la lignée des pastellistes français

Voici l’une des plus nobles figures de la musique française de son temps. Pas vraiment oublié, car il se trouve encore des organistes et des chœurs pour programmer certaines de ses œuvres, mais il n’en est pas moins vrai qu’au milieu d’une génération particulièrement riche, le souvenir de Ropartz (1864-1955) est un peu noyé.

Sa carrière est assez représentative d’un cursus de jeune musicien né dans les années 1860. Ropartz, d’origine bretonne, naquit dans une famille aisée et cultivée. Il se destina tout naturellement au droit, comme Roussel et Cras s’étaient destinés à la marine, mais c’est la musique qui l’emporta. Il acquit son métier dans la classe de Massenet, mais un jeune homme si bien né et d’un tel idéalisme artistique devait croiser la route de César Franck. Il fréquenta l’auteur des Béatitudes, qui ne devait pas tarder à disparaître, mais la “griffe” franckiste le marquera définitivement, comme elle marquera, directement ou à travers d’Indy, Déodat de Séverac, Pierre de Bréville, Jean Cras, Albéric Magnard et tant d’autres. La carrière de Ropartz fut d’abord administrative. De 1894 à 1919, il fit du Conservatoire de Nancy un extraordinaire foyer de musique vivante. Puis, après la guerre, il eut la tâche délicate de ramener à la culture française le Conservatoire de Strasbourg, où il fut en poste jusqu’à sa retraite qu’il passa en Bretagne, dans son manoir.

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