Alexis Weissenberg, un pianiste qui expose

Une exposition des collages d’Alexis Weissenberg a eu lieu au Grenier des Grands-Augustins à Paris, à l’initiative du Cnea. L’exposition était accompagnée de conférences, de cours d’interprétation et de concerts des élèves. Rencontre avec le maître.

Aujourd’hui, quels compositeurs vous semblent avoir été les plus importants pour vous ?
Bach a été tellement fort, tout au long de ma vie ! Il y a une telle solidité de structure, un lyrisme si inattendu dans sa musique qu’il m’a impressionné définitivement. La gageure d’une rencontre entre le fort et le sensible m’a immédiatement plu. Sinon, mon goût change selon les saisons, les saisons de l’année comme celles de la vie. Certains musiciens vous conviennent parce que votre psychisme est influencé par la lumière, ou par beaucoup d’autres choses qui, la plupart du temps, vous demeurent secrètes. Si l’on sent une résistance répétée, durable, lorsqu’on veut jouer, c’est souvent que le compositeur ne vous convient pas, ou pas à ce moment-là précisément ; alors, mieux vaut attendre que vienne le moment, en prenant garde à ne pas le laisser passer, ce qui peut arriver. Si quelqu’un aime une œuvre, et qu’il est prêt à la toucher, à la caresser comme un être humain, alors seulement il peut la jouer une première fois, puis l’étudier plus profondément, en gagner une connaissance complète. Il se rend alors suffisamment fort pour voir de loin et de près tout ce qui fait sa richesse, bien sûr, mais aussi tout ce qu’elle peut engendrer en lui. Me permettez-vous une question ? Qui aimez-vous jouer en ce moment ?

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