Apprendre à jouer Haydn

Peut-on avoir une passion pour la musique contemporaine et aimer tout autant Haydn ? Oui ! répond Marie-Françoise Bucquet, Pierre Boulez lui-même se passionne pour ses symphonies…
Le mot de passe pour “entrer chez Haydn”, c’est l’entrain. Il y a une joie de vivre fondamentale dans ses sonates.

Vous enseignez et jouez Haydn depuis longtemps. Vous considérez-vous comme une pionnière ?
Ce qui est paradoxal avec Haydn, c’est qu’il était célébrissime de son vivant et qu’il a connu des cycles de vogue et d’oubli. Lors de ses séjours en Angleterre, notamment, il y avait une “haydnmania” inimaginable, on tricotait des chaussettes représentant des motifs de sa musique… Au 19e siècle, on s’est un peu moins intéressé à lui et on ne l’a vraiment redécouvert qu’après les années 50 du siècle dernier. L’homme et le compositeur me passionnent et j’ai à cœur de faire partager cet enthousiasme. Je fais effectivement beaucoup travailler Haydn, et ce depuis longtemps. Certaines de mes élèves ont réalisé de beaux enregistrements, comme Edda Erlendsdottir, Hélène Couvert ou également Shani Diluka. Dans les années 70, j’avais créé le Trio Haydn… avec Jean Leber et Alain Meunier, et nous faisions des tournées avec vingt trios à notre répertoire. A cette époque, on ne jouait pas beaucoup cette musique et le public était passionné. Par la suite, j’ai travaillé et joué beaucoup de sonates.

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