Interprètes de légende, les grands pianistes lisztiens du passé

Liszt a directement formé plusieurs des grands pianistes de la première moitié du 20e siècle. Certes, ces disciples le connurent à la fin de sa vie, mais ils ont constitué une sorte d’école, plus variée qu’on ne le pense, qui se distingue également de l’école viennoise classique animée par Theodor Leschetizky, rattachée au classicisme viennois, et de l’école française, dont l’origine remonte en fait au 18e siècle.

Carl Tausig (1841-1871), Heinrich Barth (1847-1923), Martin Krause (1853-1918), Arthur Friedheim (1859-1932), Arthur De Greef (1862 1940), Moritz Rosenthal (1862-1946), Emil Sauer (1862-1942), Alexander Siloti (1863-1945), Eugen D’Albert (1864-1932), José Vianna da Motta (1868-1948) sont les dépositaires non d’un message, mais d’une certaine façon totale d’aborder le piano.

D’une certaine manière, c’est presque toute l’école moderne (et actuelle) de piano qui leur est redevable de son identité. Certaines conquêtes techniques de l’école lisztienne, comme, par exemple, la libération de l’épaule et de tout le bras, bref l’engagement de toute la partie supérieure du corps, sont aujourd’hui des “acquis”. Des six “grands lisztiens du 20e siècle” dont nous esquissons ici le portrait, curieusement, seulement deux d’entre eux (Arrau et Bolet) se rattachent directement à Liszt dont ils sont en quelque sorte les “petits-fils spirituels”.

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