Franz Liszt, inventeur du récital

C’est à Liszt qu’on prête la première mention du mot “récital”, mot apparemment d’origine anglaise, vraisemblablement prononcé à l’occasion d’un concert qu’il donna à Londres le 9 juin 1840.

Jusqu’alors, on employait le terme un peu vague de “concert”, mais en utilisant l’expression “récital”, du français “réciter”, c’est-à-dire, selon la définition du Petit Robert, « dire à haute voix ce qu’on sait de mémoire », Liszt a contribué à transformer le rôle de l’instrumentiste, cessant d’être un « exécutant pour devenir un interprète, capable d’imprimer à l’œuvre qu’il récite la marque de son individualité » (J.-M. Fauquet)(1). Selon Berlioz, Liszt avait compris « la mission de l’artiste dans tout ce qu’elle a de plus noble, de plus grand et de plus extra-humain ». Dans les années 1830, le type même de ce qu’on appelait en France un « concert vocal et instrumental », souvent d’une longueur dont nous n’avons plus notion aujourd’hui, et en deux parties constituées de douze à quinze numéros, faisait appel à plusieurs solistes, chanteurs et instrumentistes, tous placés sous la baguette d’une personnalité. Chaque partie débutait par une ouverture ou une symphonie, encadrant un concerto et plusieurs soli instrumentaux, des airs, des duos, des trios d’opéras ou d’œuvres de musique sacrée.

Pour lire la suite de cet article (1753 mots):

Lire aussi :
Franz Liszt, emblème du romantisme européen
Franz Liszt dans le Paris de la Restauration
Franz Liszt et la fascination de la virtuosité
La face cachée de Franz Liszt
Interprètes de légende, les grands pianistes lisztiens du passé
Les grands lisztiens d’aujourd’hui
Les nouveaux venus : pourquoi choisissent-ils de jouer Liszt ?
L’exécution transcendante : Nelson Goerner
Comment travailler “Un Sospiro” de Liszt ?
Liszt et Chopin pédagogues : deux approches différentes au service de la musique
L’école Liszt d’Anna-Stella Schic
Liszt pour tous : partitions faciles et simplifiées
Le petit Liszt était-il un bon élève ?