Le regard de Michel Dalberto

Enfant surdoué, Michel Dalberto a commencé l’étude du piano à l’âge de 3 ans et fait sa première apparition en public à 5 ans. Lauréat du Concours de Leeds avec un concerto de Mozart, il fut longtemps considéré comme voué à Mozart et à Schubert… jusqu’au jour où il “découvrit” Liszt, et par ses œuvres les plus virtuoses ! Il vient d’enregistrer des paraphrases chez BMG France. Il était donc tout indiqué de lui demander de commenter ce numéro.

Vous avez longtemps été tenu pour un schubertien et un mozartien. Comment êtes-vous venu à Liszt ?
Liszt est, avec Schubert et Mozart, le compositeur que je joue le plus. J’y suis venu un peu plus tard qu’à Schubert et Mozart qui, eux, ont accompagné le tout début de ma carrière. Au Conservatoire, j’avais commencé à jouer Schubert et Mozart, alors que ce n’était pas très à la mode. Quand j’ai remporté le Concours de Leeds en 1978, c’était avec un concerto de Mozart en finale (et, à ce jour, je suis toujours le seul lauréat du Leeds à l’avoir gagné avec un concerto de Mozart). Fanny Waterman, la fondatrice du concours, en est très fière, car cela prouve qu’on peut remporter un grand concours international sans se croire obligé de jouer une “machine de guerre” comme Rachmaninov ou Tchaïkovski.
Quand j’avais une vingtaine d’années, Liszt n’était pas un compositeur qui comptait pour moi. Je ne me sentais pas à l’aise avec lui et je n’étais pas prêt à m’y investir. Le seul contact que j’avais eu avec lui, c’était en classe d’harmonie au Conservatoire, car mon professeur était un fan de la Sonate en si mineur qu’il estimait être l’une des œuvres phares de la musique du 19e siècle, et il nous en avait fait une analyse très poussée que je consulte d’ailleurs toujours. De sorte que, sans jamais l’avoir jouée, je connaissais très bien cette sonate “de l’intérieur”, sur les plans harmonique, contrapuntique, sa place dans l’histoire de la musique, son influence sur Wagner, Mahler, Debussy, la deuxième Ecole de Vienne…

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