“Mikrokosmos” de Bartok

Mikrokosmos est, sans aucun doute, l’œuvre “pédagogique” pour piano majeure du 20e siècle. “Pédagogique” : le terme n’est pas inexact, mais il est insuffisant. Mikrokosmos est également une “œuvre” au sens plein du terme, miroir d’une préoccupation essentielle du compositeur : le rapport à la musique populaire.

Dans une interview radiophonique, à New York en 1945, Bartok s’explique sur le titre quelque peu énigmatique de Mikrokosmos : « Le Mikrokosmos est un cycle de 153 pièces pour piano écrit dans un but didactique. Cela veut dire que l’on commence avec des morceaux faciles et que l’on continue avec des difficultés croissantes. Le mot Mikrokosmos peut être interprété comme une série de pièces de styles différents, représentant un petit monde. On peut le comprendre comme le “monde des petits enfants”. »
En écrivant Mikrokosmos, Bartok suit, bien sûr, une tradition de compositeurs pédagogues, dont les meilleurs exemples sont Couperin (Art de toucher le Clavecin), J.S. Bach (le Petit Livre d’Anna Magdalena Bach, les lnventions, 12 Petits Préludes), Schumann (Album pour la jeunesse), Tchaïkovski, Kabalevski, Prokofiev, Khatchaturian et même Gyorgy Kurtag (avec Jeux). Les allusions directes à J. S. Bach et à Schumann sont très nettement exprimées dans Mikrokosmos (MK) 79/III : « Hommage à J. S. B. » et 80/III : « Hommage à R. Sch. ». Mais, ainsi que le recommande Bartok dans sa préface, l’étude des pièces du Mikrokosmos ne doit pas dispenser le jeune pianiste d’aborder les Etudes de Czerny, ou le Petit Livre d’Anna Magdalena Bach ; en ce sens, le Mikrokosmos ne doit pas être considéré comme une méthode de piano à part entière, mais plutôt comme un complément aux études pianistiques traditionnelles.

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