1945-1970, le piano dans tous ses éclats

Après une étude sur le piano de la première moitié du siècle (voir Piano n°8), le pianiste Jay Gottlieb poursuit sa sélection d’oeuvres pour piano seul. Le piano de 1945 à 1970 est dans tous ses élcats ! John Cage invente le piano préparé, Messiaen s’inspire du chant des oiseaux, Stockhausen généralise les clusters, Boulez développe l’idée “d’oeuvre ouverte” à laquelle s’adapte tout particulièrement la nouvelle technologie du CD Rom. Et une certaine musique française brille de ses derniers feux grâve à Poulenc, Sauguet, Milhaud...

Quelques remarques sur cette sélection

Une profusion…
Parmi les nombreuses remarques que la lecture de ce tableau permet de faire, l’une n’est guère contestable : on a beaucoup écrit pour le piano entre 1945 et 1970. Cent vingt-et-un compositeurs y sont en effet recensés pour un total de trois cents œuvres environ. Pourtant, cela fait une moyenne de seulement trois œuvres par compositeur. Autrement dit, à quelques exceptions près, au premier rang desquels figurent Messiaen, Cage et quelques autres, peu de compositeurs ont beaucoup écrit pour le piano au cours de cette période…
Hétérogène…
Cette profusion d’œuvres s’accompagne d’une assez grande hétérogénéité stylistique, puisque l’on trouve des compositeurs liés aux tendances esthétiques les plus diverses. Toutefois, les compositeurs les plus connus appartiennent majoritairement à ce qu’il est désormais convenu d’appeler “l’avant-garde”, et ceci est assurément caractéristique d’une époque qui s’est attachée à remettre en cause les langages établis…
Inégalement répartie
Alors qu’une soixantaine de compositeurs sont recensés pour l’Europe de l’Ouest, l’ancien bloc de l’Est – ex-URSS comprise – n’en compte qu’une quinzaine. Autre clivage – Nord-Sud, celui-là : les Etats-Unis sont très largement représentés avec trente-trois compositeurs, alors que l’Amérique du Sud en compte seulement sept. Il faudra se garder des conclusions hâtives, car il est difficile de savoir si les pays moins représentés comptent effectivement moins de compositeurs écrivant pour le piano, ou si bon nombre d’entre eux restent à découvrir…

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Lire aussi :
John Cage et le piano préparé, par Gérard Frémy
Jouer Messiaen, Boulez, Stockhausen, par Pierre-Laurent Aimard
1945-1970, le piano dans tous ses éclats… et les autres