Apprendre et jouer : technique et naturel

Le jeu du piano doit être un processus absolument naturel. La pianiste polonaise Marta Czerewko nous rappelle quelques règles fondamentales pour atteindre cet objectif.

Le jeu naturel est libre

Toute gêne quelconque est la négation de la liberté des mouvements. Une gêne physique a très souvent un fondement psychique. L’élève qui a peur du piano et des difficultés liées au jeu ne peut pas jouer sans contrainte. C’est pourquoi le premier devoir du professeur est d’empêcher de se former chez l’élève une résistance psychique. Toutefois, si de telles difficultés surgissent, il faut entreprendre l’effort d’encourager l’élève et de lui montrer que le jeu du piano n’est pas si difficile qu’il lui paraît.
L’appareil de mouvement est constitué par les membres supérieurs en commençant par les épaules. Le manque d’aisance dans l’appareil de mouvement est un défaut courant que l’on remarque parfois même chez des pianistes avancés. Les insurmontables difficultés techniques dont il est la cause amènent à une fatigue durable du dos de la main ou de la partie de l’avant-bras où réside la tension. Un pianiste jeune et inexpérimenté ne se rend pas toujours compte de sa manière défectueuse de jouer. Tout seul, il ne sait donc pas trouver la source de ses difficultés. L’intervention du pédagogue est alors nécessaire. Il doit commencer par des exercices simples permettant de relaxer le bras et la main. Toutes sortes d’exercices portato (gammes, arpèges, sauts) joués lentement, avec l’intensité du son ne dépassant pas le mezzoforte, seront les mieux adaptés. Pendant cette étape, un contrôle rigoureux de toutes les actions sur le clavier est indispensable. Quand une certaine flexibilité de l’appareil de mouvement est atteinte, on peut passer aux exercices legato, joués pas trop vite et pas trop fort.

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