Le pianiste et la mémoire

« Apprendre par cœur », ce terme dit bien ce qu’il veut dire : délivré du souci des notes, c’est aller au cœur de la musique et de soi-même ; c’est jouer du fond du cœur. Pourtant, l’art de la mémoire n’est plus transmis aujourd’hui comme une discipline à part entière.

Alfred Brendel écrivit un jour en substance qu’il existerait un secret bien gardé, détenu par les moines d’une abbaye cistercienne, expliquant comment l’on peut apprendre à jouer du piano en un temps relativement bref, en commençant très tard et en y consacrant assez peu d’efforts… Hélas, personne ne saurait exactement où ce secret est conservé…
Méditant sur cette affirmation du Maître, nous avons pensé : ce secret comprend certainement un alinéa sur l’art de jouer “de mémoire” au piano. “Mémoire”… ! Ce mot nous remplit d’effroi. Posséder une bonne mémoire : n’est-ce pas là cette inestimable faculté dont nous craignons tous, nous pianistes, qu’à certains moments cruciaux, elle ne nous fasse défaut ? L’une des difficultés auxquelles se heurtent peu ou prou tous les interprètes à un moment ou à un autre de leur carrière ?

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