Stephen Hough, éloge de la virtuosité

Pour ce jeune pianiste anglais, grand admirateur de Vladimir Horowitz, la virtuosité, ce n’est pas « les mains pleines de techniques et la tête vide ». C’est plutôt, selon sa conception, « un amour exubérant de l’instrument et la connaissance vraiment complète de toutes ses possibilités ». Christian Lorandin a interrogé pour la revue Piano ce brillant représentant de la nouvelle génération de virtuoses…

La disparition d’Horowitz et de Cziffra laisse un grand vide dans le monde de la virtuosité. Il n’y a plus de monstres sacrés et peu de jeunes pianistes sont de grands virtuoses ; comment pourriez-vous expliquer cela ?
C’est une grande question… en effet ! Mais il me semble cependant que ce phénomène est en train d’évoluer. Après la guerre, le “sérieux” était de rigueur et l’on taxait presque les pianistes virtuoses de faire du mauvais goût. C’est sans doute pour cela que les carrières des pianistes que vous venez de citer n’ont pas toujours été faciles. L’interprète devait être le serviteur du compositeur et se mettre un peu en arrière-plan. Il y avait une esthétique qui tendait à respecter les textes au pied de la lettre. A la fin du 19e et au début du 20e au contraire, c’était la grande époque de la virtuosité. Puis la tendance s’est sans doute renversée exagérément. Il devenait presque gênant de prendre plaisir à la virtuosité pure de l’instrument. Malheureusement, on pensait que les virtuoses avaient les mains pleines de technique et la tête vide de musique. Horowitz, par exemple, me semble être la preuve du contraire : c’est un grand virtuose, mais il a aussi beaucoup de choses à dire, car il avait une culture musicale énorme.

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