Le piano du 20e siècle, écriture traditionnelle

Les pièces de cette liste se jouent tout simplement sur les touches du piano, sans autres effets sonores que certaines hardiesses harmoniques et mélodiques. Cette liste est celle qui a le plus préoccupé Jay Gottlieb : « Surtout pour le niveau élémentaire 1 qui nécessite des pièces de qualité abordable par les débutants. C’est toujours la grande question chez les professeurs : est-ce que cela existe ? Car on entend soit des pièces élitistes soit toujours les mêmes rengaines. Cette liste est là pour prouver le contraire. »

Ce choix de pièces est l’occasion idéale pour l’oreille de s’ouvrir vers d’autres langages harmoniques. Sans brutalité. Que ce soit les grands classiques du 20e siècle, comme les Cinq doigts de Stravinsky, Mikrokosmos de Bartok, les Visions fugitives ou les Musiques d’enfants de Prokofiev ou des œuvres moins connues.
« Il y a des pièces qui bougent, qui ont une certaine vélocité, par exemple Kaleidoscopes de Benjamin Lees, certaines au contraire sont plus posées, comme celles d’Arvo Pärt, minimalistes et emplies d’un fort mysticisme, ou celles de John Cage, lentes et planantes, avec la pédale tenue tout le temps, ou encore les Sonates très simples de Virgil Thomson. Les Sie ben KlavierstUcke de Hanns Eisler ont des éléments qui peuvent amener l’oreille au contemporain, avec des accents (voire des chevrons) et des phrasés asymétriques, parfois atonals, bien qu’ils se terminent en ut majeur. »
De niveau en niveau, c’est la difficulté technique qui s’accroît, non le langage. Ainsi, dans l’élémentaire 1, « il est normal que les œuvres soient plus cadrées. L’élémentaire 2 aborde les débuts de l’asymétrie et une certaine indépendance des deux mains et même à l’intérieur d’une main. La recherche des couleurs, les attaques, les rythmes ou le jeu de nuances deviennent plus détaillés et plus variés ».
Le niveau moyen offre plus de notes, de raffinement des nuances ; la taille des accords grandit et l’utilisation de la pédale s’accroît. La position de la main est primordiale pour arriver à des attaques, à des accentuations plus complexes. Ainsi, le début des Piano Variations de Copland exige des chevrons et un son de cristal.
« Bien sûr, dans le degré supérieur, une technique beaucoup plus solide est requise pour jouer des pièces de la taille des Miroirs de Ravel, d’Iberia d’Albeniz ou les Préludes de Debussy, qui côtoient des pièces moins connues peut-être mais formidables, comme les Françoise Variationen de Donatoni. A ce degré, les pianistes sont arrivés à un tel niveau technique qu’on peut leur donner des “pièces-phares” du 20e siècle. »

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