Et la main gauche ?

Pauvre main gauche ! Comme elle se sent parfois ridicule, maladroite, à côte de l’autre, si souple, si agile, si présomptueuse, un peu agaçante même… Comment décomplexer la main gauche ? En l’aimant, en l’écoutant, en lui donnant toute l’attention nécessaire. Véronique Fiszman donne ici quelques conseils.

Le piano est l’un des rares instruments qui nécessite, pour sa pratique, une position identique des membres supérieurs, les dix doigts devant être actionnés de la même manière (ce qui n’est pas le cas des violonistes, guitaristes et autres…). Or mélomanes, professeurs de piano ou élèves font, pour la plupart, une distinction très nette entre la main droite et la main gauche, aussi bien sur le plan technique que musical ou esthétique (si tant est que ces trois qualités puissent être dissociables…).
Il ne s’agit pas, dans leurs commentaires, de comparer les deux mains ou de les associer… Car, en réalité, lorsqu’une main est citée, c’est la main gauche. On ne parle pas, en effet, d’une main droite mais plutôt d’un jeu pianistique.
Il n’y aurait donc pas matière à discussion si les commentaires concernant les deux mains étaient équilibrés. Mais la main gauche est source de discussions chez les mélomanes, source de problèmes chez les apprentis pianistes alors que la main droite n’est jamais l’objet d’aucun souci.
Qu’a donc cette main gauche de si particulier pour qu’on se penche autant sur son cas ? Est-ce un problème de tessiture plus difficile à gérer tant pour rétudiant que pour l’auditeur ? Ou encore, si l’on part du principe que les deux mains jouent des parties totalement indépendantes et différentes, serait-ce un problème d’écriture plus difficile à exécuter ?

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