L’école japonaise de piano

Nombreux, acharnés au travail, formés à la compétition, les pianistes japonais sont très présents dans les écoles supérieures occidentales. Ils sont friands de concours, où ils se placent régulièrement en bonne position. Beaucoup rentrent ensuite au Japon pour ne plus apparaître sur les scènes internationales.

Paris, 28 novembre 1992, Salle Pleyel, la Japonaise Midori Nohara remporte le premier Grand Prix du concours Marguerite Long. Elle est née en 1967 à Tokyo. Après des études au lycée et à l’Université des beaux-arts et de la musique de Tokyo, elle a été l’élève de Germaine Mounier à l’Ecole normale de Paris. C’est la rencontre de cette pianiste française chez son amie, Mme Sumiko Mikimoto, qui l’a décidée à venir étudier en France. Elle compte rester encore une année à Paris avant de regagner le Japon où elle commence à donner déjà régulièrement des concerts. Son Prix Marguerite Long n’est pas étranger aux invitations qu’elle reçoit pour se produire en public, ni aux propositions de l’agent Kajimoto — avec lequel tant de pianistes voudraient travailler. Et pourtant, elle ne veut pas se presser. « Je vais réfléchir. C’est un peu trop tôt. Je suis étudiante », nous dit-elle. Prudente sagesse, car même si l’enregistrement réalisé de la finale du concours (1) témoigne d’une très belle maîtrise technique, la construction d’une réelle interprétation ne ressort pas franchement de la très difficile Sonate en si mineur de Liszt. Il est vrai que les prouesses techniques sont toujours très appréciées au Long-Thibaud où, du reste, les participants japonais sont chaque fois assez nombreux. On se souvient que Toyoaki Matsura remporta le Grand Prix en 1959 tout comme Kaz une Shimizu en 1981. Matsura a été professeur à l’Université des beaux-arts de Tokyo pendant deux ans. Outre le fait d’être un excellent pianiste, il a un dada qui requiert de l’espace, celui de collectionner les pianos rares. Matsura fait aussi des recherches acoustiques concernant le piano, recherches auxquelles s’intéressent aussi bien Kawai et Yamaha que Steinway.

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