Brigitte Engerer, un certain regard

Pianiste virtuose au répertoire romantique, en pleine maturité de son talent, Brigitte Engerer a étudié aux conservatoires de Paris et de Moscou. Cette double culture lui donne un regard personnel sur les grands problèmes du piano. Nous lui avons demandé de s’exprimer sur certains d’entre eux qui sont traités dans ce numéro, d’être, en quelque sorte, notre “grand témoin”.

Je suis née en Tunisie, dans une famille qui n’était pas musicienne. A l’âge de quatre ans, je m’enfermais dans la salle de bains pour jouer avec un petit piano-jouet que l’on m’avait offert. Ma mère m’a fait alors commencer le piano avec un professeur. On me disait très douée.
Un jour, ma mère, en lisant le magazine Elle, est tombée sur un article parlant d’un enfant très doué pour le piano et dont le professeur était Lucette Descaves. Elle lui a tout simplement écrit ! Lucette Descaves lui a répondu très rapidement en lui proposant une entrevue. Nous avons pris l’avion pour Paris. Elle m’a trouvé en effet douée et elle m’a donné un programme de travail pour six mois, à suivre avec mon professeur.
Nous allions ainsi à Paris tous les six mois avec ma mère et elle nous donnait des conseils… Puis les événements politiques nous ont obligés à quitter le pays.

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