Le pianiste à la découverte de son corps

Aux débuts de la technique pianistique, ne comptaient que les doigts, leur agilité, leur force, leur égalité… A partir de la fin du 19e siècle, le pianiste a commencé à s’approprier son cerveau, ses yeux ; progressivement, il a mobilisé tout son corps. Aujourd’hui, il a appris que pour jouer, il faut savoir aussi bouger !

Héritier de celui du claveciniste, le corps du pianiste est né par “fragments” que nous évoquerons à travers quelques méthodes françaises. Signe social de la bourgeoisie et de l’éducation morale du 19e siècle, le pianiste porte les marques de l’attitude de celle-ci : se tenir droit, ne pas bouger étaient les axes d’une technique naissante. Par le port du corset, nous supposons un dos limité dans ses mouvements.
« Le 19e siècle rêve à voix haute de ligne droite, de redressement, de correction, d’orthopédie, d’orthographe, etc. C’est le siècle “ortho”. Le dos n’y échappe pas […] redressez-vous devient le mot d’ordre des éducateurs. Pas question à l’âge de la grande industrie et du colonialisme de se laisser aller. Même les poupées, autrefois molles, deviennent raides(1). »
Il est aussi vrai que l’anatomie du mouvement n’existait pas encore.

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