L’histoire des Sonates de Mozart, le journal d’une vie

Commencée à l’âge de 8 ans, l’écriture des sonates se prolongera, inégalement répartie, tout au long de l’existence de Mozart.  Via le (et le plus souvent la) dédicataire de chacune d’entre elles, elles constituent comme un journal intime où seraient notées les relations amicales ou amoureuses autant que les soucis financiers. Témoins fidèles des voyages de Mozart en Europe, elles explorent aussi l’intimité d’une vie difficile.

« Vous savez que je ne suis pas grand amateur de difficultés(1) », avouait Mozart à son père Leopold. On sait pourtant qu’il fut un grand virtuose du piano et qu’il commença à composer des sonates dans les toutes premières années de sa courte vie, dès 1764, à l’époque où Leopold Mozart l’entraîna avec sa sœur Nannerl dans une épuisante tournée européenne. Ces œuvres (K. 6 à 9, 10 à 15, 26 à 31) sont donc nées sous la plume d’un jeune prodige de 8 ans. Les Sonates pour clavecin avec accompagnement de violon K. 6 à 9 ont été composées à Paris au début de 1764 et sont dédiées pour les unes à Madame Victoire de France, fille de Louis XV, et pour les autres à Mme de Tessé, dame d’honneur de la dauphine, mère du futur Louis XVI. Ce sont véritablement des sonates pour clavier, car le violon n’y joue qu’un simple rôle de soutien, sa suppression éventuelle n’entravant en rien l’importance dévolue au clavecin.

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