Marie Jaëll retrouvée par le disque

La pianiste et grande pédagogue française Marie Jaëll (1846-1925) fut aussi une compositrice admirée par de nombreux musiciens et, au premier rang, par son ami Franz Liszt. Alexandre Sorel, qui a été le premier à avoir enregistré ses œuvres (chez Solstice), nous parle de son œuvre pour piano.

Marie Jaëll se lança, en 1871, dans l’étude de la composition sous l’égide de Saint-Saëns et César Franck. Entre 1870 et 1917, elle écrira environ soixante-dix pièces pour tous types de formations. Le piano, cependant, resta toujours son instrument de prédilection.

Premières armes

En 1871, Marie Jaëll rédige ses premières œuvres pour piano : une Marcia alla turca des Ruines d’Athènes d’après Beethoven, Deux Méditations, six petits morceaux, un grand Impromptu, Feuillet d’album et sa Grande Sonate dédiée à “l’Illustre Maître François Liszt".
Feuillet d’album est une petite pièce de dimension assez modeste mais pleine de charme et de virtuosité, qui témoigne de l’influence de Liszt. Cette influence va se retrouver dans de nombreuses compositions et s’imposer tout naturellement compte tenu des circonstances : en effet, après la mort de son mari en 1882, Marie Jaëll se rapprochera du compositeur jusqu’à devenir son amie et sa confidente, effectuant avec lui de longs séjours à Weimar jusqu’en 1886, date de la mort de Liszt à Bay­reuth.
La “patte” lisztienne se retrouve ainsi dans le grand Impromptu, où la belle méditation du début se trouve développée en octaves véhémentes et par des progressions chromatiques.

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