Le piano en Allemagne

L’Allemagne a vu ses traditions musicales détruites par la Seconde Guerre mondiale. L’école de piano – si elle existe encore – souffre à présent de la dispersion due au fédéralisme. Elle reçoit par ailleurs l’influence de professeurs venus de l’Est. Klaus Hellwig, professeur de piano au Conservatoire supérieur des arts de Berlin, nous dit les avantages et les inconvénients de cette situation complexe. Pascal Devoyon, professeur français dans le même établissement,  ajoute son point de vue.

Entretien avec Klaus Hellwig

Existe-t-il une “école allemande” de piano ?
En avons-nous jamais eu une… comme il y a eu une école française ou russe, et peut-être italienne ? Car en Allemagne, l’enseignement du piano au plus haut niveau s’est concentré sur quelques villes : ici, à Berlin, ou à Munich, et, parfois, pendant une certaine période, à Cologne, Stuttgart ou encore Hambourg. Mais, dès lors que l’on cherche à établir des ressemblances entre les enseignements qui y ont été prodigués, on se heurte à des difficultés car chaque enseignement a été ou est encore marqué par de fortes personnalités. Dans les années 20, nous avons eu, à Berlin, Artur Schnabel, par exemple. Nous avons aussi eu des personnalités comme Heinrich Barth qui a été le professeur de Wilhelm Kempff(1).

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