Louis de Beethoven dans la presse française du début du 19e siècle

Malgré l’enthousiasme pionnier de Berlioz, la presse française sera longtemps réticente à reconnaître le génie de Beethoven. « Exemple dangereux pour l’art musical », « moins universel que Mozart » pour les uns, « à peu près aussi clair qu’un traité philosophique » pour d’autres, il faudra plus de cinquante ans pour que ses œuvres pianistiques s’imposent aux Parisiens.

Si Paris connaît le nom de Beethoven dès les années 1800, en grande partie grâce à l’édition de sa musique (Pleyel annonce dès 1801 la publication des quatuors op.18 et Farrenc signale en 1829 la publication de ses œuvres complètes pour piano), ce n’est qu’en 1807 qu’une de ses symphonies est exécutée pour la première fois devant le public parisien. Les violonistes Pierre Baillot et François-Antoine Habeneck figurent parmi ceux qui furent à l’origine de la diffusion de l’œuvre beethovénien. Habeneck commence à s’intéresser à Beethoven dès 1802, et lorsque, avec enthousiasme, il dirige entre 1806 et 1815 l’orchestre des élèves du Conservatoire, puis plus tard celui de la Société des concerts du Conservatoire créée en 1828, il inscrit régulièrement au programme une page de Beethoven. Quant à Baillot qui, en 1805, avait rencontré à Vienne l’auteur de Fidelio, il anime, entre 1814 et 1840, une société de quatuors très active qui fait une large place à la musique de ce compositeur qu’Alexis de Garaudé décrit en 1811 dans les Tablettes de Polymnie comme un auteur « souvent bizarre et baroque, [qui] étincelle quelquefois de beautés extraordinaires. Tantôt, il prend le vol majestueux de l’aigle ; tantôt il rampe dans des sentiers rocailleux. Après avoir pénétré l’âme d’une douce mélancolie, il la déchire aussitôt par un amas d’accords barbares. Il me semble voir renfermer ensemble des colombes et des crocodiles ».

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