La naissance du piano : du pianoforte au piano

Le nom “pianoforte” contient en lui-même la notion de jeu nuancé : piano ou forte… Après l’invention du premier pianoforte par Cristofori en 1698,  il faudra près de cent ans pour que les facteurs adaptent l’instrument aux nouvelles exigences qu’a fait naître chez les compositeurs la possibilité d’un clavier “sensible”. Carl Philipp Emanuel Bach, Mozart, Haydn et enfin, Beethoven, ont accompagné cette évolution.

En affirmant les droits du sentiment sur la raison et de la nouveauté originale sur les traditions, l’école allemande du “Sturm und Drang” (orage et passion), avec Klinger, Lenz et Goethe, a réactualisé l’expressivité, préparant ainsi l’épanouissement du romantisme artistique naissant. Celle-ci est soutenu par la théorie de l’instinct du jeu en qui s’opère, selon Schiller, la synthèse de l’instinct sensible et de l’instinct formel ; quant à l’idéalisme de Fichte, il réconcilie l’intelligence et la sensibilité tandis que Herder, dans son système des arts, accorde à l’élément musical une importance réelle. C’est à cette époque que l’écriture et le style musical subissent de profondes transformations, notamment dans la musique instrumentale où la présence d’une mélodie accompagnée largement développée va remplacer la polyphonie complexe de J.-S. Bach.

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