La leçon de lecture d’Eric Heidsieck

De retour sur la scène parisienne à la rentrée, Eric Heidsieck, parallèlement à son activité de concertiste, se consacre à l’enseignement au sein du Conservatoire de Lyon depuis sa fondation. Nous lui avons demandé son bilan sur près de vingt années dédiées à une pédagogie marquée par l’influence de ses maîtres : Alfred Cortot et Wilhelm Kempff.

Qu’est-ce qui faisait la particularité des pédagogies d’Alfred Cortot et de Wilhelm Kempff et en quoi le travail auprès de ces deux maîtres a-t-il marqué votre conception de l’interprétation et de l’enseignement ?
J’avais 5 ans quand j’ai rencontré Alfred Cortot et il m’a alors dirigé vers son assistante, Mme Bascouret de Gueraldi. De mes débuts à ma sortie du Conservatoire de Paris, où j’ai travaillé avec Marcel Ciampi, Cortot “supervisait” en quelque sorte mes études en m’écoutant une ou deux fois par an. Ce n’est qu’après mon premier prix de piano qu’ont commencé les grandes leçons avec Cortot. Il était alors âgé et sa pédagogie reposait essentiellement sur la parole. Mais quel art, quel sens du mot y mettait-il !
Du point de vue interprétatif, Cortot insistait d’abord sur les ombres, sur tout ce qui est sous-jacent dans la musique. J’ai plutôt étudié le grand répertoire romantique et la musique française avec lui, tandis que Beethoven était au centre de mon travail avec Wilhelm Kempff durant ses cours d’été à Positano.

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