L’Ecole britannique

L’Ecole britannique de piano, qui fut marquée par Mendelssohn, a longtemps été considérée comme « une combinaison d’intellectualisme allemand et de civilité britannique ». Aujourd’hui, curieux d’autres répertoires, les pianistes anglais de font remarquer dans l’hyperromantisme, la musique française et les musiques rares. Portrait d’une école individualiste, exploratrice, chaleureuse et courtoise… typically british !

« Il fait mauvais temps depuis une semaine et cela ne me va pas trop. […] Je donne quelques leçons chez moi à une guinée chacune, mais je n’ai encore aucune idée pour un concert sérieux. J’ai joué devant la reine, Albert, prince de Prusse, Wellington, et tout ce qu’il y a d’élégant à Londres, chez la duchesse de Sutherland ; et cela réussit, semble-t-il, parfaitement […]. Je ne veux pas jouer à la Philharmonie, car cela ne me rapportera qu’une immense fatigue et pas un sou ; il n’y a qu’une répétition publique et il faut du Mendelssohn pour avoir un grand succès […] », écrivait Frédéric Chopin, le 2 juin 1848, à Londres, Dover Street, dans une lettre adressée à Wojciech Grzymala. Il craignait en fait un échec semblable à celui que Prudent avait rencontré en donnant son concerto à la Philharmonie, soulignant ici l’importance de Mendelssohn comme il l’avait déjà fait dans un autre courrier, le 13 mai précédent – où il citait aussi Mozart et Beethoven comme suscitant l’intérêt du public londonien.

Pour lire la suite de cet article (3372 mots):

Lire aussi :
Quelques compositeurs britanniques contemporains et le piano
Spectrum : radiographie de la création pianistique contemporaine