Stockhausen l’explorateur

Acteur prépondérant de l’avant-garde musicale de l’après-guerre, le compositeur allemand Karlheinz Stockhausen, qui a fêté ses 70 ans en 1998, a adopté, au cours des années 70, un discours franchement mystique. Son œuvre pour piano porte la trace de cette singulière évolution.

C’est dans le contexte de l’aventure sérielle des années 50 que Karlheinz Stockhausen a conçu le cycle de ses pièces pour piano. Il nous précise ici les difficultés d’interprétation de ce cycle, qui n’est, aujourd’hui encore, pas achevé.

Comment êtes-vous venu à la musique ?
Mes parents possédaient un piano droit et j’ai commencé à en jouer à l’âge de 6 ans. J’ai très peu connu ma mère. Malade, elle a dû quitter la maison alors que j’avais 4 ans. Les nazis l’ont tuée, comme nombre de malades mentaux. Mon père, instituteur, est parti à la guerre en 1939, où il devait mourir en 1945. Quand j’ai commencé à fa ire du piano, je jouais des pièces plutôt faciles comme tous les enfants musiciens, mais, dès l’âge de 7 ans, j’improvisais beaucoup et étais capable d’imiter au piano tout ce que j’entendais à la radio. A 10 ans, je suis entré dans une école d’Etat, où l’on m’a donné des cours de piano, de violon et de hautbois. Je travaillais alors des pages baroques, classiques, romantiques. A 19 ans, je suis entré à la Musikhochschule de Cologne dans la classe de piano afin de devenir soliste. Un an plus tard, je décidai d’étudier toutes les disciplines musicales, à la fois au conservatoire et à l’université. En 1951, j’ai passé mon examen d’Etat avec tout un programme d’œuvres pour piano allant jusqu’au 20e siècle, puis j’ai commencé à écrire mes premières pièces pour piano.

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