Souvenirs de Gaby Casadesus

Il y a vingt ans disparaissait le célèbre pianiste français Robert Casadesus. Répondant aux questions de Marc Castelain, Gaby Casadesus évoque la vie et la carrière de son mari, qui jouait tout Ravel… à Ravel.

Comment avez-vous rencontré votre mari ? Est-ce dû à un hasard ?
Absolument, au hasard. J’étais tout à fait navrée d’entrer clans la classe de Diémer. Sa classe était réservée aux hommes et, en raison de la guerre, il y avait des places libres dans sa classe. C’est comme cela qu’au lieu d’entrer chez Cortot, comme je l’espérais, je suis entrée chez Diémer. J’avais été auditrice chez Cortot, j’avais envie d’aller chez lui. Et Cortot ne m’avait pas mise sur sa liste parce que j’étais tombée malade, la veille, avec une forte grippe et 40° de fièvre. Donc, il a dit que je ne passerais pas l’examen. Mon mari était un jeune étudiant, mais déjà sorti des classes depuis longtemps (il a eu son prix en 1913, à 14 ans). Il était surtout le chouchou de Diémer. Au départ, on n’arrivait pas à se rencontrer. J’allais à la classe avec ma mère (à cette époque, une jeune fille n’allait pas seule) et on me disait toujours : « Ah ! Casadesus est passé tout à l’heure. » Mais un beau matin, nous nous sommes rencontrés dans la rue. Le nom de Casadesus m’était connu, je croyais que c’était un vieux pianiste de 30 ans. Et pas du tout, j’ai vu un beau jeune homme de 18 ans – et j’en avais 15.

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