Une journée de Chopin à Nohant

Il ne s’agit pas d’une reconstitution historique, mais d’une évocation libre à partir d’événements authentiques. Le pianiste Yves Henry nous entraîne dans une journée rêvée à Nohant. Nous sommes dans la maison de George Sand, pendant un été à choisir entre 1839 et 1846.

Dix heures du matin sonnent à la pendule du salon, tintant d’un do bémol un peu faussé (1). On s’est couché tard hier soir, comme à l’habitude, car ce vieil ivrogne d’Hippolyte Chatiron (2) a tenu absolument à jouer au billard avec Delacroix, arrivé de la veille. Tout le monde dort encore. Sauf Chopin qui, tout juste éveillé, agite la sonnette cachée dans l’embrasure de la porte capitonnée isolant sa chambre du reste de la maisonnée. Par un jeu de câbles, le mouvement qu’il imprime en tirant sur cette sonnette se transmet jusqu’à la cuisine où veille son fidèle valet de chambre polonais : Jan. Le tintement clair et vif interrompt l’une de ses éternelles querelles avec Suzanne, la servante de George Sand qui ne supporte pas ses manières. Le signal est clair. Sans attendre, Jan s’empare de la chocolatière avec laquelle il prépare chaque jour le petit déjeuner favori du compositeur.

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