Marcelle Meyer : défense et illustration de la musique française

Il y a cent ans, naissait Marcelle Meyer (1897-1958). Elle défendit, avec précision et mesure, une certaine idée de la musique française moderne, et l’illustra en mettant en évidence ses racines.

Prenons un concert de Marcelle Meyer. Celui, par exemple, du 11 décembre 1929, salle Gaveau : une Fantaisie de Bach, Les Barricades mystérieuses et Tambourin de Couperin, Les Soupirs de Rameau, deux sonates de Scarlatti, Children’s corner de Debussy, les trois mouvements de Petrouchka de Stravinsky, Malaga d’Albeniz, Oiseaux tristes et Jeux d’eau de Ravel, Islamey de Balakirev. Ce n’est pas un programme, c’est un manifeste esthétique ! De ce qu’aujourd’hui nous nommons « le baroque », elle passe aux modernes, à l’exception d’Islamey, mais qui, comme par hasard, fut en France une référence ravélienne. Ni Beethoven, ni Chopin, ni Schumann, ni Liszt, qui étaient à l’époque (et aujourd’hui ?) les “incontournables” du récital de piano. C’est que Marcelle Meyer ne fut jamais une concertiste parmi d’autres. Elle fut d’abord celle qui défendit une certaine idée de la musique française moderne, et l’illustra en mettant en évidence ses racines anciennes.

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