Rencontre avec Philippe Bianconi

A 36 ans, Philippe Bianconi est un des rares pianistes français de sa génération à avoir conquis le public américain. Il nous parle de sa formation.

J’ai eu une formation très française. A Nice, j’avais travaillé avec Mme Delbert, qui était l’élève de Robert Casadesus. Elle m’a énormément apporté, dans ma façon de considérer la musique et de l’aimer. Elle m’a construit ma technique, mais dans l’optique d’une certaine conception de la culture française, dont Gaby Casadesus avec qui j’ai travaillé par la suite représentait, d’une certaine façon, la quintessence. Pas tellement en termes de répertoire, car les époux Casadesus n’ont pas seulement joué la musique française ; pas tellement non plus en termes de technique, car, à l’époque de ma formation, l’enseignement de la vieille école française était déjà dépassé : on m’a appris à aller au fond des touches, à pétrir le clavier. S’il existe un modèle français dans l’enseignement que j’ai reçu de Gaby Casadesus, c’est plutôt dans l’exigence d’un jeu clair et élégant, fin et toujours contrôlé. J’ai pu cependant me sentir un peu bridé par cet enseignement.

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