Un voleur de notes : la transcription selon Busoni

Ferruccio Busoni fut compositeur, professeur, pianiste, mais tout cela se résumerait en un mot : il fut un transcripteur. Ainsi, Busoni – interprète –, comme Gould de nos jours, ne reproduisait pas, mais donnait le sentiment de produire l’œuvre lui-même. Busoni compositeur, à l’inverse, ne produit pas ses œuvres, mais reproduit à travers elles le déjà dit. Ces deux mouvements font de lui une sorte de “voleur de notes”.

Entre l’interprétation des œuvres des autres et la création d’œuvres propres, la transcription forme une sorte de transition continue. Dans ses transcriptions d’œuvres pianistiques, et surtout d’œuvres à l’origine conçues pour d’autres instruments, comment Busoni procède-t-il ? Comme un compositeur, comme un théoricien surtout, explicitant l’harmonie et la polyphonie. Pour Busoni, transposer pour un autre instrument (changement de registre et de timbres) ou transcrire pour le même instrument en ajoutant des notes, ou en variant des rythmes, ne sont pas au fond deux démarches différentes. Sa conviction est d’une part que « la bonne, la grande, la musique universelle reste la même quels que soient les moyens à travers lesquels elle se fait entendre », et d’autre part que « les différentes interprétations ou les différents langages écrits, tout en ayant leurs traits propres, ne sont que différentes façons de dire une même musique ».

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