La transcription pour piano au 19e siècle

Loin de seulement “réduire” des œuvres d’orchestre pour faciliter leur diffusion, la transcription pianistique au 19e siècle devient un art en soi. Simulation d’effets orchestraux, paraphrases, réappropriation d’œuvres existantes sont les procédés principaux de ce genre inventé par Liszt, et ensuite développé par des pianistes comme Busoni ou Godowsky.

La transcription est, en soi, un acte musical banal, consistant à transférer un énoncé d’un instrument – ou d’un groupe d’instruments à un autre. On pourrait remonter fort loin pour en découvrir l’origine. A la Renaissance, par exemple, les chansons à la mode connurent des versions instrumentales diverses. A l’époque classique, pour ne prendre qu’un cas fort connu, Jean-Henry d’Anglebert transcrivit pour le clavecin les morceaux les plus caractéristiques des opéras de Lully, que chaque amateur, même éloigné de la cour et de la ville, pouvait donc s’approprier.

« Par le développement indéfini de sa puissance harmonique, le piano tend de plus en plus à s’assimiler toutes les compositions orchestrales ; dans l’espace de ses sept octaves, il peut produire, à peu d’exceptions près, tous les traits, toutes les combinaisons, toutes les figures de la composition la plus savante, et ne laisse à l’orchestre d’autres supériorités (immenses il est vrai) que celle de la diversité de timbre et les effets de masse. » Franz Liszt

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