Anton Dvorak, un compositeur dédaigné

Les œuvres pour piano de Dvorak restent peu connues. Le pianiste tchèque Radoslav Kvapil nous parle de cette face cachée du compositeur de la Symphonie du Nouveau Monde.

Dvorak est mort en 1904, adulé du peuple tchèque, apprécié et reconnu du monde artistique. Pourtant son œuvre pianistique est très peu jouée, et même ignorée de certaines encyclopédies. Voyez-vous des raisons à ce dédain ?
Il y a, bien sûr, beaucoup de raisons à cela, je ne dirai que celles qui me paraissent les plus importantes : ce sont d’abord des raisons non pianistiques. On a tendance à donner une image réductrice et conservatrice des compositeurs. Excepté pour Mozart, Beethoven et les grands romantiques, on les prend rarement dans leur totalité : ou ils sont des compositeurs symphoniques, ou des compositeurs de musique de chambre. Cette injustice a pesé sur Tchaïkovski dont on joue les symphonies mais rarement ses magnifiques œuvres pour piano solo. Il en va de même pour Dvorak : on joue la Symphonie du Nouveau Monde, son Concerto pour violoncelle, sa musique de chambre, le Stabat Mater… et on a oublié qu’il écrivait aussi pour le piano.

Pour lire la suite de cet article (2709 mots):