Schumann : le Carnaval

Une étude de l’œuvre la plus populaire et la plus jouée du répertoire romantique

Fasciné par les grands écrivains romantiques qu’admirait son père, mais destiné au droit par sa mère, le jeune Schumann sera la proie d’un constant dédoublement de la personnalité, indice précoce de la folie à venir…

Quand, en 1810, naît Schumann, ses parents le prénomment Robert : un nom solide, raide qui semble sans doute parfaitement convenir à la carrière de juriste à laquelle sa mère le destinera. Le romantisme est de tous les temps inadéquation au réel. Mais, en ce début du 19e siècle, l’aptitude à la rêverie, au refus du monde était plus qu’un trait de caractère. Schumann voudra être et sera comme des héros de l’écrivain Jean-Paul Richter, qui l’a fasciné durant toute son adolescence, à la fois ange et démon : possédé par son double. Consciemment, inconsciemment, par caractère et par culture, Schumann cultivera en lui toutes les déclinaisons du double : l’autre de soi-même qui est soi-même, autre – peut-être la condition du narcissisme nécessaire à la création : se regarder, se voir – s’admirer, se haïr, se persécuter, se réconcilier… se fuir. Schumann a vécu masqué, un autre visage que le sien posé sur son visage. Ou était-ce le contraire ?

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