Premier Ministre, virtuose, idole : Ignace Paderewski

Ce pianiste virtuose fut l’un des grands hommes politiques de son pays, la Pologne. Egalement compositeur, entre concerts, tournées et gouvernement, il n’eut pas beaucoup de temps pour écrire ! Son œuvre pour piano est essentiellement reliée au romantisme, à l’expression de l’émotion.

Sa crinière de lion – on le surnomma « le lion de Paris » –, son aura de virtuose électrisaient les foules du monde entier. Cette virtuosité, pourtant, n’était pas sans faille, avec des décalages entre les deux mains ; un Arthur Rubinstein s’avouait « un peu découragé par son rubato exagéré et ses fréquents accords arpégés ». Le jeu de Paderewski paraît aujourd’hui démodé, en particulier dans Chopin, auquel il vouait un véritable culte – il supervisa une édition critique qui fit longtemps autorité : « Le héraut d’une conception romantique exacerbée, écrit Michel Le Naour, fut Ignace Paderewski […] qui privilégiait l’enthousiasme, la passion, au détriment de l’exactitude textuelle. »

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