La note fausse

Les pianistes d’aujourd’hui, tous virtuoses, ne font plus de fausses notes. On ne les leur pardonnerait pas. Mais jouer juste n’est pas seulement une question de notes. La vérité de l’interprétation réside dans une prise de risques. Si l’on joue juste, au diable la fausse note ! Cyril Huvé, Victoire de la musique classique 2010, nous donne son point de vue.

On peut confondre « jouer du piano » et « interpréter une œuvre ». Sur YouTube, se proposent, venus des quatre coins de la planète, des pianistes se filmant eux-mêmes sur un méchant piano droit dans l’anonymat de leur chambre à coucher. Les notes sont généralement justes. Où l’interprétation commence-t-elle ? Qu’est-ce qu’on interprète ? Quels sont les critères du goût et de l’appréciation de l’interprétation ? A partir de quand l’exécution d’un morceau devient-elle une interprétation ? Dans une société marchande, on a de plus le souci d’évaluer l’interprétation pour que, une fois valorisée, la musique jouée par certains soit écoutée par la masse des autres : certains la produisent, d’autres l’achètent pour l’écouter. Casals recommandait de « jouer juste ». Si vous êtes juste dans la vie, sermonnait-il, vous serez juste dans la musique !

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