Monique Deschaussées : «Ma pédagogie du piano»

Elève de Cortot et de Fischer, Monique Deschaussées, à l’âge de 27 ans, ferma un jour son piano, annulant 70 concerts, pour réfléchir à sa technique et à son art. Peu après, elle a rouvert son piano, et tout en restant concertiste, elle s’est découvert une vocation de pédagogue par des méthodes de relaxation, de détente, voire de psychothérapie. Auteur de deux livres très remarqués, l’Homme et le Piano, les 24 Etudes de Chopin, elle en prépare actuellement un troisième. Voici ce qu’elle nous dit sur sa “pédagogie” du piano.

Que pensez-vous de l’art actuel du piano ?
Je pense que le piano vit actuellement un problème grave. L’art n’échappe pas à son époque. Or, nous vivons une époque de technicité qui a envahi tous les domaines, y compris la musique. La technique s’est donc emparée du piano. Pourquoi pas, à condition que l’on ne perde pas de vue le but à atteindre ! Un alpiniste peut utiliser toutes les techniques d’escalade, sans oublier jamais son objectif précis, qui est un sommet. Cet objectif, ce sommet qui est “l’indicible” de la musique, les jeunes pianistes, au départ, l’ont eux aussi en tête, mais peu à peu, sous la pression des impresarios, ou dans la préparation intensive des concours internationaux, ils arrivent à le perdre de vue, ils deviennent alors de purs techniciens, et aboutissent à une robotisation dont ils ne sont pas les principaux responsables.

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