Philippe Cassard : « Certaines transcriptions ont surtout une vocation utilitaire »

Défiant les puristes, le pianiste français défend la transcription qui représente, selon lui, un répertoire immense et gratifiant

Que pensez-vous du genre de la transcription pour piano ?
C’est un genre multiple. Il existe différents types de transcriptions. Certaines ont surtout une vocation “utilitaire”. Elles permettent avant tout de comprendre les procédés de composition. Dans ce registre, Brahms a réalisé des transcriptions pour piano de ses propres symphonies. On pourrait aussi citer Otto Singer, avec les Poèmes symphoniques de Richard Strauss, ou Saint-Saëns avec les quatuors de Beethoven. De son côté, Debussy a rodé au piano son opéra Pelléas et Mélisande pendant six ans. Il ne l’a orchestré que lorsque la commande de l’Opéra-Comique a été ferme. Sur le plan musicologique, c’est révélateur de tout le piano debussyste de la décennie 1900. La curiosité pour d’autres répertoires est essentielle pour un pianiste.

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